ACTV, Ouganda
Vers un Ouganda sans tortureLa police et les autres forces de sécurité ougandaises pratiquent largement la torture en Ouganda. Il y a quelques années, le Ministre de la Défense ougandais a publiquement admis que les forces de sécurité du pays utilisaient la torture comme moyen d’obtenir des informations – alors que l’Ouganda a ratifié la Convention internationale Contre la Torture. Le Centre Africain de Traitement et de Rééducation des Victimes de la Torture (ACTV), fondé en 1993, propose des services de soins et de rééducation aux victimes de torture, et oeuvre pour prévenir l’usage de la torture par les forces de sécurité ougandaises. KIOS finance les activités d’ACTV depuis 2005.
Parmi ceux qui se tournent vers ACTV, certains sont des prisonniers, tandis que d’autres s’adressent au centre après avoir été torturés par des membres de la police, d’unités de défense locale, ou de l’armée. Les personnes traitées par le Centre reçoivent un traitement holistique, dispensé par une équipe composée d’un médecin, d’une infirmière, et d’un conseiller spécialisé dans les traumatismes et un physiothérapeute. ACTV fournit aussi une assistance juridique aux victimes, pour leur permettre de faire un recours en justice. En 2006, le Centre a apporté son aide à 1145 victimes de torture, dont 258 ont été traitées en prison, et parmi lesquelles on compte 40 femmes. En 2006, ACTV a visité 16 prisons régionales et étatiques. Les visites de prison jouent un rôle important dans la protection des droits humains, des droits des prisonniers et des détenus. En effet, les conditions de détention ont été améliorées dans certaines prisons, suite aux visites effectuées par ACTV en 2006. De manière générale, les allégations de torture ont diminué dans de nombreuses régions où ACTV a mené des activités de sensibilisation. « Je ne savais pas. Ce que je prenais pour une activité légitime de ce travail s’avère être de la torture. » ACTV a pour objectif de prévenir la torture en formant des soldats, des officiers de police, des gardiens de prison et des responsables de la sécurité de l’Etat. Pendant l’année 2006, ACTV a organisé des formations pour 629 membres des forces de sécurité, dont 124 femmes. A l’issue de la formation, certains participants ont confié au Centre que la formation sur les droits humains et la torture les avait fait réfléchir et les avaient convaincus de traiter différemment les prisonniers et les détenus. Outre ses activités de formation destinées aux forces de sécurité, ACTV a su faire preuve d’inventivité en utilisant les médias afin d’atteindre le grand public. En 2006, ACTV a diffusé des messages par la radio, a participé à des talk-shows, et a préparé un documentaire diffusé sur la chaîne nationale de télévision. ACTV s’efforce de maintenir de bonnes relations professionnelles avec les autorités ougandaises concernées, afin de faciliter l’accès aux prisons. Ces bonnes relations donnent aussi la possibilité au Centre de prôner la mise en place de mesures juridiques et institutionnelles pour lutter contre la torture. ACTV communique régulièrement avec d’autres acteurs des droits humains en Ouganda. En outre, il échange des informations avec les organisations qui s’efforcent également de mettre un terme à la pratique de la torture en Ouganda. En mai 2007, le Conseil de Direction de KIOS a accordé une subvention de 89 300 euros dans le cadre d’un projet d’une durée de deux ans, qui va permettre au Centre de compléter ses activités précédentes, en formant des responsables locaux, ainsi que des représentants de la justice et des membres du Comité Constitutionnel du Parlement ougandais. (janvier 2008) |
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